Jean-Marc Clotes nous parle de son implication dans l’association “SOS Chats de l’Hôpital de Perpignan”

 

Voici les fauves. Leurs histoires seraient un peu longues à raconter. Cerise était squelettique et cherchait à manger (maintenant elle pèse 6.5 kg). Mirabelle a été découverte dans un container à ordures avec toutes le maladies possibles, elle en a gardé un caractère très singulier. Paprika a été trouvé chaton abandonné en plein été , lui aussi un caractère difficile et dominant (le seul garçon, n’en accepterait pas d’autre même si stérilisé). Charlie vient de l’asso, la doyenne, une vie dehors totalement oubliée pour une chatte très paisible mais râleuse. Midinette vient de l’asso, oeil, paupière, sinus et cloisons nasales très abimés suite à un violent coryza. Totalement sauvageonne mais très bien intégrée maintenant, débuts difficiles. Mignonne vient de l’asso. Probable abandon. Jeune. Gentille mais très craintive, très maladroite et pataude, le chat le moins débrouillards que j’aie connu. Et enfin Norah, depuis peu. Vient de l’asso. Abandon aussi. Très sociable. Actuellement en soins car très atteinte pas un calicivirus, restera très fragile. Gros soins en cours pour tenter de la soigner.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour. J’ai 56 ans, je suis né à Perpignan. Je vis et travaille en région toulousaine mais je réside souvent dans les Pyrénées Orientales. J’aide depuis quelques années l’association des « Chats de l’Hôpital de Perpignan », petite structure de type « chat libre ».

Il y a 6 minous à la maison, tous des anciens chats des rues, adoptés ou accueillis à divers stades de leur vie et, comme je dis, ils sont tous des « chats du hasard ». Certains abandonnés, d’autres âgés, d’autres malades … La trop triste routine de tous les amis de la protection animale, rien d’exceptionnel.

Vous avez créé le blog de l’association SOS Chats de l’Hôpital de Perpignan, http://hopital-chats-perpignan.over-blog.org qui trappe, stérilise, soigne, socialise et fait adopter les chats de l’Hôpital de Perpignan.
D’où vient cette passion et ce dévouement pour les félins ?

Je n’ai pas créé ce blog, je l’ai repris. D’autres bénévoles l’ont très bien tenu avec talent et créé avant moi depuis 2007. Et puis le temps et les disponibilités de chacun ont fait que j’en suis devenu en grande partie le rédacteur.

Ma passion pour les chats remonte à longtemps. Je suis originaire d’un milieu rural, très agricole, mais «à l’ancienne ». Des chats j’en ai vu et connu depuis tout petit. Je les adorais.

Chez mes parents aussi plus tard et donc l’amour pour ces animaux fascinants a naturellement suivi. Après la vie m’a amené l’occasion de divers sauvetages, avec les joies et les peines. Et les amis à moustaches se sont succédé depuis longtemps. Mais toujours des chats des rues.

Racontez-nous comment se passe la vie de ces chats que vous sauvez. Comment déterminez-vous leur futur ?

Les chats dont s’occupe l’association sont des chats libres qui vivent sur le site de l’hôpital de Perpignan et en proche périphérie. Les bénévoles de l’association sont parvenus à stabiliser une population qui comptait environ 300 chats en 2007. A l’heure actuelle il y a une quarantaine de chats sur le site et une bonne centaine dont nous nous occupons.L’association a passé une convention avec la direction de l’hôpital. Et nous nous respectons les règles évidentes d’hygiène qui conviennent à ces lieux.
A ce jour nous manquons de bénévoles (2 personnes permanentes, 2 soutiens, quelques ami(e)s et moi-même).
Les chats connus et identifiés sont suivis sanitairement, déparasités et bien entendu nourris quotidiennement.
Lorsque l’un d’entre eux présente des symptômes inquiétants, nous faisons tout pour le capturer et lui faire apporter des soins vétérinaires. Parfois malheureusement, comme tout récemment, nous ne pouvons le sauver. C’est toujours un déchirement et une douleur, même s’ils ne partent pas seuls et anonymes mais entourés d’affection. Nous les connaissons tous depuis des années. Ils sont « nos » chats au même titre que ceux de nos foyers.
Les nouveaux venus, trop fréquents (il y a probablement hélas des abandons, mais aussi des migrations), sont stérilisés, identifiés, déparasités et leur état sanitaire est contrôlé.
Ils sont relâchés sur le site pour la plupart car souvent très épris de liberté.
Nous essayons de trouver des solutions d’accueil pour les plus sociables ou les plus usés par la vie. Ici aussi nous manquons de familles d’accueil sérieuses. Nous avons parfois eu de mauvaises surprises et dû récupérer des animaux en catastrophe. Une amie passionnée nous en prend certains mais ses capacités d’accueil sont actuellement saturées. J’en ai moi-même trois en accueil, dont une malade. Idem pour les amies bénévoles bien entendu.

Y-a-t-il une relation entre ces chats et les patients de l’hôpital ?

Des relations se sont installées, oui, parfois. En règle générale, ils sont considérés avec bienveillance par les patients et le personnel. Mais il y a toujours de rares exceptions. Il y a eu aussi de beaux cas d’adoptions.
Certains employés nous préviennent lorsqu’ils voient quelque chose d’anormal, cela nous aide beaucoup. Merci à eux !

Pouvez-vous nous parler de votre relation avec ces chats que vous sauvez ?

J’en ai un peu parlé plus haut. Ils sont des chats libres mais ce sont « nos » chats (ce n’est pas possessif !) au même titre que ceux de la maison pour tous les bénévoles sans distinction. Nous les connaissons, ils ont tous un nom, une personnalité, nous connaissons leurs caractères et leurs habitudes.
Lorsqu’un d’entre eux ne pointe pas ses moustaches de quelques jours, des recherches sont aussitôt entamées. D’autres sont plus discrets, mais nous le savons, et connaissons leurs lieux de vie.

Avez-vous adopté un ou des chats errants que vous avez aidés? Si oui, pouvez-vous nous parler de votre relation.

Oui, j’en ai adopté ou accueilli (mais quelle différence ?), et les amies de l’association en ont fait de même.

Chez moi il y a Charlie, une tigrée sans doute maintenant notre doyenne d’une quinzaine d’années. Dix ou douze année de vie dehors, et devenue un véritable chat d’intérieur qui ne demande que son confort et ses coussins. Jamais manipulée avant sa capture (un souci de santé mineur), elle est une des chattes les plus paisibles qu’il m’ait été donné de rencontrer.

Mais il y a aussi Midinette (défigurée par un coryza), Mignonne (pataude et inadaptée à la vie extérieure) et Norah (de santé très fragile).

Les 3 autres minous sont aussi des sauvetages de la rue, mais ils ne viennent pas de l’association.

Pas mal de monde mais on cohabite bien !

La relation ? Ils sont mes amis, ma famille … que dire de plus ?

Une anecdote heureuse avec un de ces chats ?

Je vais citer Charlie. Vivant sur le site depuis toujours. Un problème de pelage nous avait inquiétés. Elle a été capturée. Mais elle était là depuis tellement longtemps que nous pensions que c’était un garçon … et en réalité c’est une dame.

Je l’ai adoptée pour lui éviter un retour au dehors, c’était la chance de sa vie. Arrivée chez moi, sans contact direct avec les humains depuis sa naissance, j’ai pu la caresser dès le premier soir.

Selon vous, à quoi reconnaît-on un chat heureux ?

Un chat heureux ? Bonne question. Je sais que tenter de rendre un chat heureux c’est l’accepter tel qu’il est et non tel que l’on voudrait qu’il soit. Il y a une sauvageonne à la maison, elle file le parfait amour avec « le rouquin » et je la sais heureuse même si je ne pourrai sans doute jamais la toucher.

Un chat heureux est respecté, et surtout non contraint. Celui qui veut sortir sort, celui qui veut dormir dort, etc. et je suppose qu’ils sont heureux : personne ne part !

Pensez-vous que les animaux contribuent à notre bien-être ? Si oui, de quelle(s) manière(s) ?
Ont-ils une valeur thérapeutique à vos yeux ?

C’est incontestable. Même si parfois « il faut gérer », ils sont un facteur de détente et d’apaisement. Les observer est une inépuisable source de découvertes et de réconfort.

De plus, comment se sentir seuls en leur présence. Ils ressentent et absorbent tout.

Avez-vous été confrontée à un problème de comportement ou de santé avec l’un de ces chats dont vous vous occupé?

Que trop souvent hélas. Par le passé et aujourd’hui.

Actuellement, mon rouquin Paprika a un comportement difficile, mais son amoureuse lui apporte beaucoup. J’ai eu et ai encore des malades, ou des pénalisés par la vie. Souvent considérés comme inadoptables à cause de leurs soit disant imperfections, ils ont toujours été de merveilleux compagnons.

Si oui, avez-vous eu recours à des pratiques alternatives comme la naturopathie, la communication animale ou l’énergétique ?

Parfois mais rarement je l’avoue. La communication animale a déjà été pratiquée pour un cas très difficile au début de son séjour. Les choses se sont bien améliorées.

Des amies de l’association me parlent souvent de ces pratiques qui ont l’air efficaces.

Je trouve votre approche très intéressante et ne demande qu’à découvrir, je suis un complet néophyte en ce domaine.

Si vous aviez une baquette magique, aimeriez-vous vous transformer en chat ?

Oui mais … cela dépend où…

Auprès de la plupart des proches et de nos amis, sans hésitations.

Mais dans certains endroits où nous pratiquons des sauvetages, pas vraiment.

Quelque chose à ajouter ?

Vous aimez les chats ? Pensez à les stériliser et à les identifier.

Votre chat non stérilisé sort ? Il va engendrer des futurs petits malheureux de la rue sans avenir ni espoir. Et derrière, tous les amis des associations comme la nôtre subissent au quotidien leur triste destinée.

Et l’identification, c’est une assurance sur l’avenir. Combien de chats « qui ne sortent jamais », mais il suffit d’une erreur, avons-nous retrouvé sur le site. Tous ceux qui étaient identifiés ont pu être restitués à leurs maîtres, parfois longtemps après alors que tout espoir semblait perdu.

Un tout grand merci !!

Merci à vous pour cette tribune et votre démarche.

 

Jean-Marc Clotes : http://hopital-chats-perpignan.over-blog.org

Vous partagez votre quotidien avec un ou plusieurs chats et aimeriez comprendre plus en profondeur certaines attitudes ou réactions ? Vous avez le sentiment que vous pouvez aller plus loin au niveau de la relation avec votre chat pour son bien-être mais aussi le vôtre mais cela vous semble trop compliqué ou inaccessible ? N’hésitez pas à vous inscrire pour la Formule Louise en CLIQUANT ICI

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16 mai 2019

5 responses on "Jean-Marc Clotes nous parle de son implication dans l'association "SOS Chats de l’Hôpital de Perpignan""

  1. merci jean Marc pour tout ce que tu fais!

  2. Bravo pour ce reportage.
    Chamicalement.
    Dani

  3. Arrivée sur le blog par Béa Kimcat et pour m’inscrire au webinaire, j’en profite pour visiter le site et je retrouve ici Jean-Marc des chats de l’hôpital de Perpignan, ainsi que Dani et Blanche croisées sur d’autres blogs de chats …le monde des chats décidément =^.^=

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